Il y a quelques mois de cela, j’ai eu la chance de m’envoler pour l’Asie, plus précisément la région de Phuket en Thaïlande. À travers toutes les activités proposées comme le snorkeling, les visites en mer, la farniente, la randonnée, la découverte de la culture asiatique et autre, l’une des activités les plus prisées de ce continent est, bien entendu, les tours à dos d’éléphant.

 

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Alors bien-sûr, je sais, ça semble plutôt cool comme ça, l’idée de visiter la jungle sur le dos d’un de ces gigantesques pachydermes et de se prendre en selfie, histoire d’actualiser un peu ses photos Instagram ou de changer sa photo de profil pour rendre jaloux les autres. Et lorsque je vous vois faire ça depuis mes réseaux sociaux, sincèrement je ne vous en veux pas parce que moi aussi un jour, j’ai pensé à cela de manière tout à fait innocente. Mais maintenant je sais. Et vous devriez savoir aussi.

On pourrait très bien se dire « Un éléphant est bien plus fort qu’un chameau, un dromadaire ou un cheval, et pourtant tout le monde le fait, alors c’est quoi le problème ? » J’avoue moi-même m’être posé la question autrefois. 

Seulement, j’ai fini par me rendre compte que tout cela n’avait rien à voir avec une question de poids. Le vrai problème c’est que contrairement à eux, l’éléphant est un animal sauvage. Un animal sauvage qui peut s’avérer extrêmement dangereux ! L’éléphant se place en effet devant le requin, le loup et même le lion avec un quota de 100 à 600 morts par an. De par sa force et sa taille, il faut donc bien se douter que les méthodes de dressage employées sur les éléphants sont bien différentes de celles employées sur des animaux domestiques. 

Pour faciliter le processus de dressage, les éléphants sont souvent pris en charge par des dresseurs dès qu’ils sont petits ( 1-2 ans ). Étant donné la forte demande d’éléphanteaux qui s’accroît d’années en années et bien que cela soit illégal, beaucoup sont capturés en milieu sauvage et comme l’éléphant est un animal très protecteur envers ses bébés, l’adulte qui tente de s’y opposer est très souvent, lors de ces captures, lâchement abattu.

 

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Ce qui suit la capture de l’éléphanteau ne s’apparente pas à un simple dressage animal mais à une véritable torture physique et psychologique en subissant le rituel du « Phajaan »

Le Phajaan est un très vieux rituel selon lequel, l’esprit et le corps de l’éléphant peuvent être séparés. C’est un processus de plusieurs étapes qui vise à casser l’esprit de l’éléphant et à se soumettre totalement à l’homme. L’éléphant est d’abord mis en cage, privé de nourrir, tenu par des liens pour qu’il ne puisse pas dormir et battu sur des endroits sensibles avec une sorte de crochet dont je publie une photo ci-dessous.

 

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Il y a ici idée de conditionnement absolu. C’est un peu le même principe que Watson et l’expérience du Petit Albert que j’avais étudié en licence de com : Le psychologue avait d’abord présenté une petite souris blanche à l’enfant. Jusqu’à ce moment, le garçon se réjouissait de la présence de l’animal. D’un autre côté, lorsque Watson frappait deux bâtons de métal ensemble afin de créer un son fort, celui-ci paniquait et se mettait à pleurer. Ainsi, lorsque le jeune garçon s’approchait pour jouer avec la souris blanche, Watson frappait les deux bâtons et l’enfant se mettait à pleurer. En agissant de la sorte de façon fréquente et répétitive, Watson créait chez l’enfant une peur envers la souris blanche. Après un certain temps, l’enfant craignait la souris blanche et pleurait lorsqu’elle s’approchait de lui. Pour l’éléphant, c’est un peu pareil, mais en pire.

 

Bien entendu, il ne s’agit pour l’éléphant en aucun cas d’une expérience mais bien d’un acte de torture et de soumission volontaire et brutale. Le but est de relier dans l’esprit de l’animal, le fruit de sa désobéissance à cet objet ainsi qu’à la souffrance qui l’accompagne. Il saura donc que s’il ne se soumet pas totalement, il sera puni et violemment battu.

 

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Lorsque les dresseurs estiment que l’âme de l’animal a quitté son corps, ils lui laissent un peu de répit après une longue semaine sans manger, sans boire et sans dormir.

 

 Environ 50% des éléphants ne survivent pas à ce traitement †

 

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On pourrait croire alors que le calvaire de l’éléphant s’arrête ici mais ce n’est pas le cas. Souvent, comme une piqûre de rappel, le dresseur se servira discrètement de l’outil de torture sur un endroit sensible tel une plaie ouverte, pour rappeler à l’animal que le cauchemar peut reprendre s’il n’obéit pas.

Lorsque je vois des photos de gens sur les réseaux sociaux ou même en vrai à dos d’éléphant, je ne leur en veux pas, ils ignorent tout. Personne ne peut se douter de tels actes de barbarie envers un animal pourtant si respecté en Asie dans les temples et les croyances religieuses. Mais il est important que le message soit véhiculé au plus de gens possibles afin de stopper tout ça. Depuis quelques années déjà, plusieurs personnes se battent pour lutter contre ces traitements inhumains.

C’est le cas de Lek Chailert, la femme qui murmurait à l’oreille des éléphants.

 

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Fondatrice du parc naturel des éléphants « Elephant nature park » qui est un centre de refuge et de sauvetage pour éléphants fondé en 1996 et situé dans le district de Mae Taeng, en Thaïlande.

Ce refuge a pour but de venir en aide à tous les éléphants en difficulté. En effet, grâce aux visiteurs et aux dons privés, la fondation peut s’occuper de 67 éléphants aujourd’hui et possède par ailleurs, un site internet

« Ils ont tous subi de mauvais traitements » explique Lek, la fondatrice du refuge, « Et quand ils arrivent, ils pensent que tous les hommes sont mauvais mais maintenant, ils nous acceptent, car nous ne les battons pas, nous ne faisons que leur donner de la nourriture »

Elle a, au fil du temps, noué avec ses éléphants, une relation extraordinaire. Au milieu du troupeau, elle est comme un membre de la tribu parmi les hommes. Elle veut convaincre les parcs d’abandonner les tours à dos d’éléphant. Et certains ont décidé de se mettre dans ses pas.

 

 

Et vous, quand sera votre tour ?

 

 

 

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Asie, Réflexions personnelles

Une réflexion sur “Pourquoi je ne monterai jamais sur le dos d’un éléphant ( et pourquoi vous devriez absolument faire pareil )

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